Problème 1 : Intersection de deux plans et d'une droite
Énoncé
On se place dans l'espace muni d'un repère orthonormé. On considère les plans P1 d'équation cartésienne x−y+z−2=0 et P2 d'équation cartésienne 2x+y−z−1=0.
Démontrer que les plans P1 et P2 se coupent selon une droite Δ.
Déterminer une représentation paramétrique de la droite Δ.
On considère le plan P3 d'équation cartésienne x+2y−z−3=0. Déterminer l'intersection P1∩P2∩P3.
Solution :
Les vecteurs normaux respectifs des plans P1 et P2 sont n1(1,−1,1) et n2(2,1,−1). Leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles (par exemple, 12=2 pour l'abscisse mais −11=−1 pour l'ordonnée). Les vecteurs normaux ne sont pas colinéaires, ce qui signifie que les deux plans ne sont pas parallèles. Ils se coupent donc selon une droite Δ.
Un point M(x,y,z) appartient à la droite Δ si et seulement si ses coordonnées vérifient le système formé par les équations des deux plans :
{x−y+z−2=0(1)2x+y−z−1=0(2)
Sommons les équations (1) et (2) membre à membre :
(x+2x)+(−y+y)+(z−z)−2−1=0⟺3x−3=0⟺x=1
En remplaçant x par 1 dans l'équation (1) :
1−y+z−2=0⟺y=z−1
Posons z=t comme paramètre réel (t∈R). On obtient la représentation paramétrique :
⎩⎨⎧x=1y=−1+tz=t(t∈R)
L'intersection P1∩P2∩P3 est l'intersection de la droite Δ=P1∩P2 avec le plan P3. Injectons les expressions de x, y et z de la droite Δ dans l'équation de P3 :
(1)+2(−1+t)−t−3=0⟺1−2+2t−t−3=0⟺t−4=0⟺t=4
La valeur du paramètre est t=4. L'intersection est donc un point unique S.
Calculons ses coordonnées :
xS=1,yS=−1+4=3,zS=4
L'intersection des trois plans est le point S(1,3,4).
Problème 2 : Tétraèdre régulier et produit scalaire
Énoncé
Soit ABCD un tétraèdre régulier d'arête a>0 (toutes ses faces sont des triangles équilatéraux de côté a). On note I le milieu du segment [AB] et J le milieu du segment [CD].
Démontrer que le vecteur IJ est orthogonal aux vecteurs AB et CD.
Calculer le produit scalaire AB⋅AC en fonction de a.
Soit H le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC). Rappeler pourquoi H est le centre de gravité du triangle ABC et exprimer la longueur de la hauteur DH du tétraèdre en fonction de a.
Solution :
Exprimons le vecteur IJ en utilisant la relation de Chasles par deux chemins différents :
IJ=IA+AC+CJ
IJ=IB+BD+DJ
Sommons ces deux égalités :
2IJ=(IA+IB)+(AC+BD)+(CJ+DJ)
Comme I est le milieu de [AB], on a IA+IB=0.
Comme J est le milieu de [CD], on a CJ+DJ=0.
Il reste :
2IJ=AC+BD⟹IJ=21(AC+BD)
Calculons le produit scalaire avec AB :
2IJ⋅AB=(AC+BD)⋅AB=AC⋅AB+BD⋅AB
Les triangles ABC et ABD étant équilatéraux de côté a :
AC⋅AB=AC×AB×cos(3π)=a×a×21=21a2.
BD⋅AB=−DB⋅AB=−BD⋅BA=−BD×BA×cos(3π)=−a×a×21=−21a2. Ainsi, 2IJ⋅AB=21a2−21a2=0, donc IJ est orthogonal à AB.
Par symétrie de la configuration géométrique, le même calcul montre que IJ est orthogonal à CD.
Le triangle ABC est équilatéral de côté a, l'angle en A vaut 60∘ (ou 3π radians). Le produit scalaire est :
AB⋅AC=∥AB∥×∥AC∥×cos(BAC)=a×a×cos(3π)=21a2
Par raison de symétrie du tétraèdre régulier, les distances de D aux trois sommets A, B et C sont égales. Par conséquent, son projeté orthogonal H sur le plan (ABC) est équidistant de A, B et C. Dans un triangle équilatéral, le seul point équidistant des trois sommets est son centre de gravité.
Exprimons les longueurs :
Dans le triangle équilatéral ABC de côté a, la longueur d'une médiane (qui est aussi hauteur) est m=a23.
Le centre de gravité H est situé aux deux tiers de chaque médiane en partant du sommet. La distance AH vaut :
AH=32m=32×a23=3a3
Le triangle AHD est rectangle en H car (DH) est orthogonale au plan (ABC). D'après le théorème de Pythagore dans ce triangle :
La hauteur d'un tétraèdre régulier de côté a vaut donc a36.
Problème 3 : Étude géométrique d'un cube et coordonnées
Énoncé
Dans l'espace muni d'un repère orthonormé (O;,,k), on considère le cube OABCDEFG de côté 1 tel que O(0,0,0), A(1,0,0), C(0,1,0) et D(0,0,1).
Les sommets restants sont B(1,1,0), E(1,0,1), F(1,1,1) et G(0,1,1).
Dessiner mentalement le repère. Justifier que OF a pour coordonnées 111.
Soit le plan (BGE). Calculer les coordonnées des vecteurs BG et BE.
Montrer que la grande diagonale (OF) du cube est orthogonale au plan (BGE).
Déterminer une équation cartésienne du plan (BGE).
Soit H le projeté orthogonal de O sur le plan (BGE). Déterminer les coordonnées de H et en déduire la distance de l'origine au plan (BGE).
Solution :
O est l'origine du repère orthonormé, et F est le sommet opposé du cube. Ses coordonnées sont F(1,1,1). Par conséquent, le vecteur diagonal OF a pour coordonnées :
OF=111
Déterminons les coordonnées des vecteurs :
BG=xG−xByG−yBzG−zB=0−11−11−0=−101
BE=xE−xByE−yBzE−zB=1−10−11−0=0−11
La droite (OF) est orthogonale au plan (BGE) si son vecteur directeur OF est orthogonal aux deux vecteurs directeurs non colinéaires BG et BE du plan. Calculons les produits scalaires :
OF⋅BG=1×(−1)+1×0+1×1=−1+0+1=0
OF⋅BE=1×0+1×(−1)+1×1=0−1+1=0
Les produits scalaires étant nuls, le vecteur OF est orthogonal à deux vecteurs directeurs sécants du plan. Par conséquent, la droite (OF) est orthogonale au plan (BGE).
Puisque (OF) est orthogonale au plan (BGE), le vecteur OF(1,1,1) est un vecteur normal au plan (BGE). L'équation du plan est donc de la forme :
x+y+z+d=0
Le point B(1,1,0) appartient à ce plan, ce qui donne :
1+1+0+d=0⟺2+d=0⟺d=−2
Une équation cartésienne du plan (BGE) est :
x+y+z−2=0
Le projeté orthogonal H de O(0,0,0) sur le plan (BGE) appartient à la fois au plan et à la droite (OF) passant par O et dirigée par le vecteur normal OF(1,1,1). La droite (OF) a pour représentation paramétrique x=t,y=t,z=t (t∈R). Injectons cela dans l'équation cartésienne du plan :
t+t+t−2=0⟺3t=2⟺t=32
Les coordonnées de H sont donc H(32,32,32).
La distance de l'origine au plan est OH :
Problème 4 : Distance minimale d'un point à une droite et optimisation
Énoncé
On considère, dans un repère orthonormé de l'espace, la droite D de représentation paramétrique :
⎩⎨⎧x=ty=2tz=1−t(t∈R)
et deux points fixes A(1,1,1) et B(3,5,2). On cherche à trouver un point M sur la droite D tel que la somme des carrés des distances de M à A et à B soit minimale.
Soit M(t) un point de la droite D associé au paramètre t. Exprimer AM2 et BM2 en fonction de t.
En déduire l'expression de la fonction f(t)=AM2+BM2.
Déterminer la valeur t0 pour laquelle la fonction f atteint son minimum.
Donner les coordonnées du point M0 correspondant à ce minimum et calculer la valeur minimale de la fonction f.
Solution :
Les coordonnées de M sont M(t,2t,1−t). Calculons le carré de la distance AM :
La fonction f(t) est une fonction polynomiale du second degré de la forme at2+bt+c avec a=12, b=−30 et c=37. Comme a=12>0, la fonction admet un unique minimum global atteint en :
t0=−2ab=−2×12−30=2430=45=1,25
Pour t=1,25, les coordonnées du point M0 minimisant la somme sont :
xM0=1,25,yM0=2×1,25=2,5,zM0=1−1,25=−0,25
Le point cherché est M0(1,25;2,5;−0,25).
Calculons le minimum de la fonction f :
La somme minimale des carrés des distances est égale à 18,25.
Problème 5 : Positions relatives et angle formé par deux plans
Énoncé
On considère les deux plans P1 d'équation cartésienne x+y−2z+1=0 et P2 d'équation cartésienne 2x−y+z−3=0.
Démontrer que P1 et P2 sont sécants et déterminer une représentation paramétrique de leur droite d'intersection D.
Calculer le cosinus de l'angle aigu θ formé par les deux plans (qui correspond à l'angle entre leurs vecteurs normaux).
Soit le point A(1,2,3). Calculer la distance du point A au plan P1 et démontrer que A appartient au plan P2.
Solution :
Les vecteurs normaux des plans P1 et P2 sont n1(1,1,−2) et n2(2,−1,1). Leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles. Les plans ne sont donc pas parallèles : ils se coupent selon une droite D.
Un point M(x,y,z) est sur la droite D si et seulement si ses coordonnées satisfont le système :
{x+y−2z+1=0(1)2x−y+z−3=0(2)
Sommons les deux équations (1) et (2) :
3x−z−2=0⟹z=3x−2
Remplaçons z par 3x−2 dans l'équation (1) :
x+y−2(3x−2)+1=0⟺x+y−6x+4+1=0⟺y=5x−5
En prenant l'abscisse x=t (t∈R) comme paramètre, on obtient la représentation paramétrique de la droite d'intersection D :
⎩⎨⎧x=ty=−5+5tz=−2+3t(t∈R)
Le cosinus de l'angle aigu θ formé par les deux plans est l'angle aigu formé par leurs vecteurs normaux n1 et n2. Le produit scalaire est lié à l'angle par la relation :