Problème 1 : Calcul d'aire délimitée par deux courbes
Énoncé
On considère la fonction f définie sur [0,1] par f(x)=x2 et la fonction g définie sur [0,1] par g(x)=x. On note Cf et Cg leurs courbes représentatives.
Démontrer que pour tout x∈[0,1], g(x)≥f(x).
Calculer l'aire A de la région délimitée par les deux courbes Cf et Cg et les droites verticales d'équations x=0 et x=1 (exprimer le résultat en unités d'aire).
Solution :
Pour comparer f(x) et g(x) sur [0,1], calculons la différence :
g(x)−f(x)=x−x2=x(1−xx)=x(1−x3/2)
Pour tout x∈[0,1], on a 0≤x≤1⟹0≤x3/2≤1⟹1−x3/2≥0.
Le produit est donc positif ou nul sur [0,1], ce qui montre que g(x)≥f(x).
L'aire A de la région délimitée par les courbes est l'intégrale de la différence :
L'aire de la région en forme de fuseau fermée par les deux paraboles est égale à 1/3 d'unité d'aire.
Problème 2 : Étude d'une fonction définie par une intégrale
Énoncé
Soit la fonction F définie sur R par :
F(x)=∫0xe−t2dt
Justifier que la fonction F est dérivable sur R et donner sa dérivée F′(x).
En déduire le sens de variation de F sur R.
Démontrer que pour tout t≥1, t2≥t, puis en déduire que e−t2≤e−t.
Montrer que pour tout x≥1 :
F(x)≤F(1)+e1−e−x
En déduire que la fonction F est majorée sur [0,+∞[. Que peut-on en déduire pour sa limite en +∞ ?
Solution :
La fonction t↦e−t2 est continue sur R. D'après le théorème fondamental de l'analyse, la fonction F qui à tout x∈R associe l'intégrale de 0 à x de la fonction continue est l'unique primitive de cette fonction qui s'annule en 0.
F est donc dérivable sur R et pour tout x∈R :
F′(x)=e−x2
Puisque pour tout réel x, la fonction exponentielle est strictement positive, on a F′(x)=e−x2>0. La fonction F est donc strictement croissante sur R.
Pour tout t≥1 : en multipliant par t (qui est positif) : t×t≥1×t⟹t2≥t. La fonction exponentielle étant strictement croissante :
t2≥t⟹−t2≤−t⟹e−t2≤e−t
Soit x≥1. En utilisant la relation de Chasles pour l'intégrale :
F(x)=∫01e−t2dt+∫1xe−t2dt=F(1)+∫1xe−t2dt
D'après la question précédente, pour t≥1, e−t2≤e−t. Par conservation de l'ordre de l'intégrale (avec 1≤x) :
∫1xe−t2dt≤∫1xe−tdt
Calculons cette dernière intégrale :
∫1xe−tdt=[−e−t]1x=−e−x−(−e−1)=e1−e−x
On en déduit que pour tout x≥1 :
F(x)≤F(1)+e1−e−x
De plus, pour tout x≥1, e−x>0⟹−e−x<0, ce qui montre que :
F(x)<F(1)+e1
La fonction F est donc majorée sur [1,+∞[ par la valeur constante M=F(1)+e1. Comme elle est continue sur [0,1], elle est bornée sur [0,+∞[.
Puisque F est croissante et majorée sur [0,+∞[, d'après le théorème de convergence monotone, la fonction F admet une limite finie lorsque x→+∞.
Problème 3 : Une suite d'intégrales par parties
Énoncé
On considère la suite (In) définie pour tout entier naturel n par :
In=∫01(1−x2)ndx
Calculer la valeur de I0 et I1.
Démontrer que la suite (In) est décroissante.
À l'aide d'une intégration par parties sur In écrite sous la forme ∫011×(1−x2)ndx, démontrer que pour tout n≥1 :
In=2n∫01x2(1−x2)n−1dx
En écrivant x2=1−(1−x2), montrer que pour tout n≥1 :
In=2n+12nIn−1
Solution :
- Pour n=0 : I0=∫01(1−x2)0dx=∫011dx=[x]01=1.
Pour n=1 : I1=∫01(1−x2)dx=[x−3x3]01=1−31=32.
Pour tout x∈[0,1], 0≤x2≤1⟹0≤1−x2≤1. En multipliant par (1−x2)n≥0, on a : (1−x2)n+1≤(1−x2)n. Par conservation de l'ordre de l'intégrale :
∫01(1−x2)n+1dx≤∫01(1−x2)ndx⟹In+1≤In
La suite (In) est donc décroissante.
Appliquons une intégration par parties pour In=∫011×(1−x2)ndx. Posons :
Comme cos(π)=−1, on a [−x2cos(x)]0π=π2. On obtient :
I=π2+2JouˋJ=∫0πxcos(x)dx
Calculons l'intégrale J à l'aide d'une deuxième intégration par parties. Posons :
{v(x)=xu′(x)=cos(x)⟹v′(x)=1⟹u(x)=sin(x)
Les fonctions sont dérivables et continues sur [0,π].
J=[xsin(x)]0π−∫0π1⋅sin(x)dx
Le crochet vaut πsin(π)−0=0 car sin(π)=0. Il reste :
J=−∫0πsin(x)dx=[cos(x)]0π=cos(π)−cos(0)=−1−1=−2
En remplaçant la valeur de J dans la première équation :
I=π2+2(−2)=π2−4
La valeur exacte de l'intégrale est π2−4≈5,87.
Problème 5 : Calcul de température moyenne journalière
Énoncé
Dans une région, la température extérieure (en ∘C) au cours d'une journée de 24 heures (de t=0 à t=24) est modélisée par la fonction :
T(t)=15−6cos(12π(t−4))
Quelle est la température minimale sur la journée et à quelle heure est-elle atteinte ?
Quelle est la température maximale sur la journée et à quelle heure est-elle atteinte ?
Calculer la température moyenne journalière μ sur la période de 24 heures.
Solution :
La fonction cosinus varie entre −1 et 1. La température est minimale lorsque le cosinus est maximal, c'est-à-dire quand cos(12π(t−4))=1. La température minimale est alors Tmin=15−6(1)=9∘C. Cette valeur est atteinte quand :
12π(t−4)=0 (ou 2π)⟹t−4=0⟹t=4 heures
La température minimale de 9∘C est atteinte à 4 heures du matin.
La température est maximale lorsque le cosinus est minimal, c'est-à-dire quand cos(12π(t−4))=−1. La température maximale est alors Tmax=15−6(−1)=21∘C. Cette valeur est atteinte quand :
12π(t−4)=π⟹t−4=12⟹t=16 heures
La température maximale de 21∘C est atteinte à 16 heures (4 heures de l'après-midi).
La température moyenne journalière est la valeur moyenne de la fonction T sur [0,24] :